Parcours d’anciens #8 : De Bordeaux à Bamako !

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Après l’afterMIAGE#1 à Logica et juste avant le repas de Noël de mercredi, parole aux anciens
avec le 8ème Parcours d’anciens ! Pour cette édition, c’est Aïssata Yaranangore diplômée en 2010, qui nous présente son parcours de Miagiste dans son pays natal : le Mali.

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1 / Bonjour Aïssata et merci à toi de partager avec nous, ton expérience de Miagiste dans ton pays natal. Tu es issue d’une des toutes dernières promotions de la MIAGE de Bordeaux. Tout d’abord, une rapide présentation ?Bonjour à tous, alors je m’appelle Aïssata Yaranangore (mon nom est assez difficile à
prononcer… mais Monsieur Pourtier, je pense, est le seul prof qui s’en sortait le mieux.)
J’ai été diplômée en 2010, 2 ans déjà.

Actuellement, je vis à Bamako et je suis originaire  du Mali. Depuis Janvier 2011 je suis chef de projet à CFAO TECHNOLOGIES MALI. Avant cela, j’étais assistante technique où je faisais l’intermédiaire entre la direction technique et le service technique, dans une petite SSII.

2 / Quel était ton cursus avant de faire la MIAGE?

Avant la MIAGE, j’ai eu mon Baccalauréat Scientifique au Mali puis je suis venue en France,
à l’Université de Bordeaux 1 pour faire un parcours plutôt classique : décrocher un DEUG en
Informatique avant d’intégrer la MIAGE en L3.

3 / Comment qualifierais-tu ton “profil Miagiste”? Plus gestion ou informatique?

Dans mon parcours de miagiste, j’ai choisi en Master 2 la Spécialité « Systèmes d’information
des entreprises » avec option « Audit des systèmes d’information ». J’ai eu finalement une plus
forte appétence pour la gestion malgré mon parcours purement scientifique.
C’est bien sûr à cause de cette hésitation que j’ai candidaté à la MIAGE: c’est le juste mix entre
l’informatique et la gestion.

4 / Pendant ces années en MIAGE, quel cours t’a le plus marqué et te sert le plus
aujourd’hui?

Parmi toutes celles qui me viennent à l’esprit je dirais la Programmation Orientée Objet et
l’Analyse Financière. Deux grosses matières qui donnent au diplôme tout son sens.

Mais de façon générale, toutes les matières m’ont servi ne serait-ce qu’à mon ouverture
d’esprit sur de multiples problématiques rencontrées au travail. Cependant, l’Analyse Financière
et l’Analyse des Données par exemple m’ont apporté une maîtrise du reporting qui est
essentielle dans le métier que j’exerce actuellement. Toutefois, les autres matières comme
la Conception et la Modélisation des Systèmes d’Information, la Programmation, le Réseau

(qui m’a fait grincer les dents à maintes reprises) sont déterminantes dans mon quotidien
professionnel.

5 / Pourquoi avoir décidé de t’orienter vers ton poste actuel alliant technique et
fonctionnel ?

C’est pour justement rester fidèle à ma motivation de carrière : trouver le juste équilibre
entre Technique et Fonctionnel. La technique pure ne m’enchante pas, mais m’éloigner de
l’informatique serait un gâchis pour moi.

–  Une banque… Postale :

Ce qui m’a permis de m’orienter d’avantage dans ce sens fût mon stage effectué à la Banque
Postale. J’étais dans le département de développement, la culture projet était fortement ancrée.
En plus de m’avoir fait découvrir toutes les phases d’un projet de développement, mon maître
de stage, m’a fait confiance et m’a souvent invité à participer dans les Comités de Directions
ou à des réunions de son département pour défendre mon projet. J’ai ainsi dû intervenir une à
deux fois durant mon stage, pour faire la synthèse d’avancement de mon projet mais aussi à la
fin de mon stage, où j’ai fait une réunion de restitution de mon projet. Ainsi, je commençais à
prendre goût à ce type de tâche…

 – Une SSII … SOGETI :

Ensuite est venu mon stage de fin d’études qui était plus analyse que technique. Au cours de ce
stage, j’étais également amenée à synthétiser l’avancement de nos prestations chez le client. Et
c’est là où j’ai vraiment compris qu’être au contact des clients, défendre mes positions (en tant
que société de prestation de services) et concilier le technique et le fonctionnel étaient un chemin déterminant au pour le début de carrière.

6 / Peux-tu nous parler de ton choix de retourner dans ton pays d’origine, le Mali ? Peu sont
ceux qui retourne dans leur pays d’origine tout de suite après leur diplôme, qu’en penses-tu?

Alors, vers la fin de mes études, cela a été une décision très difficile à prendre, d’autant plus
que le sentiment de la famille était partagé. Cependant, depuis mon arrivée en France, il a
toujours été question de n’y être que pour les études et de retourner “à la maison” à la fin de
celles-ci.

Mais, plus on s’attache à des personnes et à l’environnement, plus on réfléchit à deux fois,
d’autant plus qu’à la fin de mon stage j’avais une opportunité d’embauche. Refuser un poste par
envie de rentrer chez soi, sans aucune promesse d’embauche au pays relevait de la folie!

Mais j’avais confiance en moi et je crois en mon pays, de part mon Master MIAGE et avec
l’intime conviction d’aider mon pays dans le développement du secteur informatique.

7 / Pari réussi, puisqu’au bout de 3 mois tu as décroché ton premier emploi. Inciterais-tu d’autres étudiants étrangers à relever ce défi?

J’invite vivement les « frères » à relever ce défi qui est assez passionnant à vivre : prendre le risque
de rentrer au bercail, concilier les 2 visions (culture d’entreprise occidentale et africaine) afin
d’apporter sa petite brique au développement du pays. C’est vrai qu’au début, cela demande de
l’audace, des sacrifices mais pour moi s’en vaut la peine !!

8 / Comment est perçu le diplôme MIAGE au Mali?
Le diplôme MIAGE est perçu comme étant un diplôme hautement managérial basé sur la
communication. Ceux qui sont de l’informatique de gestion sont vus comme de vrais chefs
d’orchestre capable à la fois de superviser l’exécution des projets et de s’adapter aux différents
environnements (notions de bases dans pas mal de domaines) et aussi de restituer fidèlement
l’état des différents projets. Ils sont également vus comme de fins analystes et stratèges. Mon
chef m’a avoué que ce qui l’a incité à s’entretenir avec moi quand il a vu ce CV était le mot
MIAGE (pas mal de ses consultants ont cette formation sur leur CV) et aussi l’expérience en
amont qu’on se fait lors du cursus.

9 / Penses-tu que ton diplôme MIAGE a été un bel avantage pour obtenir ce poste?

Absolument !! Lors des entretiens, la connaissance de la vision transversale d’une organisation
en plus de mes compétences sur la conduite de projet a été déterminante.

10 / Peux-tu nous donner une fourchette de ton salaire à l’embauche au Mali?
Mon salaire d’embauche était 30% supérieur à la moyenne là-bas [salaire médian d’un jeune diplômé = 600€, ndlr]. Pas parce que certe j’étais « mieux » situé que les jeunes de ma catégorie, mais parce qu’à la MIAGE, on nous a également appris de part les nombreuses épreuves orales à nous exprimer et à travailler notre force de persuasion pour promouvoir un projet. Les diplômés venant de l’étranger sont d’office mieux payés que les jeunes diplômés locaux. Pas étonnant…

11 / Quelles sont tes perspectives d’évolution futures? L’entrepreneuriat peut-être ?

J’en ai pas mal, mais pour le moment, je préfère me concentrer sur la mission principale pour
laquelle j’ai intégré le groupe CFAO TECHNOLOGIES MALI, à savoir amener les collaborateurs
dans une logique de gestion de projet : Préparer, Spécifier, Exécuter et Clôturer les affaires le
tout en suivant un planning préalablement établi afin de maîtriser le coût et le délai.
L’entrepreneuriat reste l’objectif principal que je me suis fixé à moyen terme…à suivre (sourire)

12 / A qui t’adresses-tu en particulier par ton témoignage?

A tous les jeunes étudiants miagistes, particulièrement à tous ceux qui souhaitent faire
carrière en Afrique mais qui doutent pour une raison ou une autre. Je leur dit que l’Afrique est en marche et en pleine croissance ! Et surtout que l’informatique et le management sont
aujourd’hui, des secteurs porteurs dans l’économie africaine.

Merci Aïssata, pour ton témoignage qui nous démontre bien qu’avec le diplôme MIAGE
les opportunités ne manquent pas même dans les pays en plein développement.

Merci à vous surtout, et un grand Bonjour (de 35° C) de Bamako aux anciens de ma promotion
2010! (sourires)