Parcours d’anciens #7

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Parcours d’anciens #7 : de la MIAGE à l’Outsourcing !

Après 2 mois d’absence place à la newsletter parcours d’anciens n°7! Ces derniers mois étaient riches en événements : Gala MIAGE 2012, JNM 2012, enquêtes…

Pour cette édition, c’est Denis Damey diplômé en 1987 qui nous détaille son parcours de Miagiste, orienté vers l’activité de service dans l’infrastructure ou communément appelé outsourcing.

Denis Damey

 

Bonjour Denis et merci à toi de partager avec nous ton parcours aussi riche et diversifié. Tu es issu d’une des toutes premières promotions de la MIAGE de Bordeaux avant le statut d’IUP ! Tout d’abord, une rapide présentation ?

Bonjour à tous, je m’appelle Denis Damey, j’ai 47 ans maintenant et j’habite Artigues-près-Bordeaux dans la CUB. Je suis miagiste de la promotion 1987 grâce à l’obtention de mon diplôme DEA MIAGE en 2 ans. Certains n’étaient même pas nés je parie 🙂

Je suis directeur de la Division Infogérance pour CHEOPS TECHNOLOGY à Pessac depuis trois ans et membre du Conseil de Perfectionnement de la MIAGE de Bordeaux.

Cela fait maintenant plus de 20 ans que tu travailles, quelles sont tes responsabilités ?

Je suis donc directeur de l’activité d’infogérance. C’est un domaine axé sur le service continu,
s’appuyant sur le hardware… et je ne traite plus de software.
Les activités chez CHEOPS s’articulent autour de 3 pôles :
-Infrastructure, systèmes, réseaux
-Modernisation technologique, migration
-Infogérance avec hébergement, télé-exploitation, le cloud computing…mais toujours avec du
service et des engagements. Pas de simple « parking » de machine.

CHEOPS TECHNOLOGY, c’est 12 agences en France et 65 millions d’euros. Le siège social est dans la ZI de Pessac, à côté de Bordeaux non loin des grosses SSII de la région commeAtos pour ceux qui  connaissent ou encore MC Kesson.

Je dirige une quarantaine de personnes : des experts techniques (ingénieurs systèmes,
réseaux, DBA …), fonctionnels (SAP, JDE, GENERIX….), des chefs de projets. Nous devons assurer le service en 24/7 pour certains clients. Je me charge également du recrutement. Je gère cette division avec des objectifs de CA, de REX, de disponibilité… Et notre croissance, sur cette activité est de 80% par an !

Nous sommes propriétaire d’un datacenter de dernière génération, où j’ai participé à sa
conception, et suivi sa réalisation. Nous sommes aussi locataire dans une deuxième data
center, les 2 étant reliés par 2 fibres noires, ce qui nous permet de faire de la réplication
synchrone, et donc de pouvoir offrir à nos clients des PCA (Plan de Continuité d’Activité).

Et quel est ton parcours avant CHEOPS ?

  • De janvier 2002 à 2009, ARES, une autre SSII . Je dirigeais la branche de solution de gestion de mutuelle, de dossier patient médicalisé etc. Cela représentait 80 personnes environ sur toute la France.
  •  De 1994 à 2001, DSI d’une mutuelle dans la région d’Angoulême (200000 clients). Je m’occupais du déploiement de solution logicielle.
  •  De 1987 à 1994, dans une SSII et diverses missions : de chef de projet en passant par l’administration UNIX et Oracle (dans ces années là c’était extrêmement novateur, Oracle débutait en France !)

A ma sortie de MIAGE en 1987, c’était les débuts de l’informatique de gestion. Les profils à
double compétences étaient très rares et nous, miagistes, étions perçus comme des pépites !
Pour situer, c’était à peine les débuts des micro-ordinateurs domestiques ! (Pour mémoire, le
téléphone portable, Internet, le Pc portable… tout cela n’existait pas… un dinosaure, je suis !)

Comment qualifiais-tu ton « profil Miagiste « ?
J’étais axé sur la technique de part mes études (bac C, cela n’existe plus non plus !). Mais
j’affectionnais aussi les rôles de manager, de chef d’équipe. Cependant, durant la MIAGE,
j’étais aussi intéressé par la gestion et la finance que par la programmation C ou réseaux par
exemple.

Et avant la MIAGE ?
Avant la MIAGE, j’ai eu un parcours scientifique assez classique dont les noms vous paraîtront
un peu bizarres : DEUG A (Sciences et Structures Matérielles) à Bordeaux 1 et un Baccalauréat
C (le bac Scientifique actuel).

Pourquoi MIAGE ? Une formation si jeune à l’époque ?
Le goût de l’aventure ! À l’époque il n’y avait en effet que peu de MIAGE en France et nous
étions la troisième promotion de la MIAGE de Bordeaux [1ère promotion depuis 1985, directeur M. Castanet, ndlr].

J’avais envie de découvrir une valeur ajoutée pour le développement logiciel ; je trouvais plus pertinent de découvrir la Gestion Appliquée à l’Informatique. C’était aussi le seul diplôme universitaire à double compétences à l’époque.

Que représente la « Gestion » dans ton travail actuel ?
La Gestion me permet de comprendre mon métier actuel. C’est l’ouverture d’esprit de
l’informaticien curieux. C’est un fort atout à valoriser par la suite par les diverses expériences
professionnelles. Mais j’ai beaucoup appris sur le terrain notamment en vente, management,
communication et le processus commercial.

Mais pourquoi avoir choisi une SSII en sortie de MIAGE ?
Les projets étaient intéressants. C’était une entreprise à taille humaine et un bon tremplin pour
démarrer dans la vie active de par la polyvalence des compétences explorées.
À ses débuts, la MIAGE était aussi plus axée sur l’informatique que la gestion : je n’étais donc
pas largué.

Des regrets ?
C’est la SSII qui m’a fait découvrir mon affection pour le management, m’a développé mon côté
créatif et mon autonomie. Je ne pense pas être un carriériste (même pas passé par la case
Paris !), mais je suis toujours en quête de challenge, je n’aime pas les situations statiques, la
routine.

Tu parles de la MIAGE à ses débuts ? Et maintenant ?
L’offre de formation s’adapte assez bien au marché et c’est d’ailleurs le rôle constant du Conseil
de Perfectionnement dont je fais partie, comme le Pôle Anciens.
Le contenu d’enseignement est limite plus Gestion et finance avec une bonne approche du
marché.
Le gros manque de la MIAGE, c’est bel et bien un réseau d’anciens et une entraide entre
jeunes diplômés et moins jeunes. Cela serait complètement bénéfique pour tous (orientation,
notoriété du diplôme etc…)

Parlons rémunération. Même si cela ne représente plus grand-chose actuellement, quel était ton salaire à l’embauche ?
Oulah ! Environ 155000 Francs par an environ (28K€) mais les évolutions étaient plus rapide
et le marché différent. Les miagistes de l’époque étaient vraiment assurés d’une embauche.
(Encore plus que maintenant). Il y avait moins de concurrence avec d’autres écoles à double
compétence qu’aujourd’hui.

Il n’y a pas de secret : pour évoluer rapidement, il faut savoir jouer avec les changements de
postes, se tourner vers les technologies de demain (cloud computing par exemple) et ne pas avoir peur du
challenge.

En conclusion, la MIAGE : toujours un choix d’élite ?
La MIAGE reste une très bonne formation. Cependant, m’occupant des recrutements,
maintenant, je déplore le côté trop attentiste de certains étudiants miagistes, qui croient
appartenir à une formation d’élite. Il existe malheureusement de plus en plus de diplômes
concurrents. Il faut être à l’écoute du marché, saisir les opportunités et s’en donner les moyens
surtout. La préparation du premier entretien d’embauche en fait partie.

Du côté des recruteurs, la MIAGE est classée au rang de bons diplômes. Ils possèdent un large
panel d’opportunités de carrières dès la première embauche et jusqu’à 3 – 5 ans après.
Après se peaufine un plan de carrière (manager consultant, développeur, chef de projet…). Les
générations actuelles sont très volatiles. Ils ne s’attachent plus à une entreprise ou un poste
en particulier. Ils ne voient plus à long terme. Pour se démarquer maintenant il faut être assez
polyvalent et ne pas avoir peur de prendre des risques et d’oser.

Merci Denis pour ton témoignage, qui retrace bien l’évolution de la MIAGE Bordelaise sur ses 26 ans d’existence et qui nous donne aussi le point de vue du marché d’un recruteur Miagiste.