Parcours d’anciens #13 : Entre Big Apple et la Ville Lumière : itinéraire d’un golden boy à la sauce MIAGE !

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Xavier, un golden boy à la sauce MIAGE…

Toute l’équipe Alumni MIAGE Bordeaux vous attend au gala de la MIAGE Bordeaux 2016, le 8 avril à  partir de 19h, à La Provençale où elle vous a confectionné quelques animations pour la promotion diplômé ! Et pour vous faire patienter jusqu’au gala, nous vous proposons la nouvelle édition du parcours d’anciens, avec le témoignage d’un miagiste golden boy, Xavier Boëmare, salarié chez GDF Suez Trading, Engie, depuis 10 ans, dans la  ville Lumière, Paris.

Xavier-Boemare

Bonjour Xavier, merci d’avoir accepté cette interview et faire partager ton expérience. Peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour à tous. Xavier Boëmare, salarié GDF Suez Trading, Engie SA, depuis 10 ans. Je travaille aujourd’hui pour l’IS Management Office pour une des Business Units de Engie. J’ai eu un parcours à Engie au début très orienté management et aujourd’hui plutôt méthodes et suivi des ressources et gestion de portefeuille projets.

Sur le plan personnel, j’ai une fille de 14 ans qui vit à Bordeaux avec mon ex-femme et à qui je rends visite fréquemment. Je vis actuellement à Paris avec ma nouvelle compagne et sa fille.

Ancien diplômé de la MIAGE de Bordeaux (promotion 1997), quelles étaient tes raisons d’opter pour un tel cursus ? Et pourquoi ce choix de la MIAGE de Bordeaux ?

Plusieurs raisons. Déjà, je venais d’un DECF [Diplôme d’études comptables et financières], BAC+4 en comptabilité/finance et il me restait deux ans avant de faire le « fameux » service militaire. J’ai cherché une formation qui pouvait compléter la finance et qui était compatible avec – une « passion », c’est peut-être un grand mot – mais disons : un réel intérêt pour l’informatique, que j’ai découvert au fur et à mesure des années. La MIAGE était idéale pour cela.

J’ai postulé à plusieurs concours d’entrée de la MIAGE et j’ai été reçu à Lille, Paris [Orsay] et Bordeaux. À mon sens, Paris était un peu « académique », très orienté maths, science, amphis, etc… et je connaissais déjà Lille, j’y avais fait un stage. Pour Bordeaux, l’accueil, les gens, l’environnement m’ont paru sympas, ce qui a décidé mon choix.

En revanche, à l’époque, je ne faisais pas partie du profil type des postulants en MIAGE, à Bordeaux. Lors de mon entretien, le professeur qui m’a fait passer l’oral, ne connaissait pas le DECF. Il a dû faire descendre du LABRI le professeur de comptabilité finance qui avait retenu mon dossier, pour justifier ce choix de dossier : un certain M. Pourtier…

Ils m’ont bien fait comprendre qu’au vu de mon parcours, mon dossier ne serait pas prioritaire, mais au final, ma motivation l’a emporté.

Les débuts du LABRI, du CREMI, d’internet… ça te parle ? Quels souvenirs en gardes-tu ? As-tu une anecdote à partager en particulier ?

Globalement, j’en garde un excellent souvenir. Nous avions une bande de professeurs assez hétérogène, combinant chercheurs et professionnels. Tout cela était très intéressant. L’environnement était idéal. À l’époque, nous avions deux salles d’informatique et une salle de cours réservées pour la MIAGE.

Je me souviens que pour tout ce qui était langues, économie… on bougeait à Bordeaux IV avec des voitures pleines à craquer pour ceux qui avaient la chance d’avoir une place. Les autres prenaient le bus, ou y allaient même à pied pour les plus malchanceux [le tram n’existait pas].

Je me souviens aussi de longs moments passés en salle d’informatique à jouer à des jeux (Doom…), jusque tard dans la nuit, avec les collègues. On a bien agacé l’administratrice système, qui en avait marre de désinstaller les jeux et les virus – parce que c’était les débuts d’internet, mais aussi le début des virus –.

Le LABRI était relié très tôt à Internet et nous étions devenus un de plus gros serveurs d’image de France ! L’administratrice passait son temps à faire du ménage, tant est si bien qu’elle a fini par remplacer la salle PC (Windows) – à l’époque nous avons une salle PC et une salle Unix – par des postes Unix et un serveur bureautique.

Autre anecdote, pour souligner la liberté des débuts d’internet : des étudiants de la promotion avant la mienne, sont même allés jusqu’à pinger de trop prêt le Pentagone. Je me souviens que la professeur de télécom s’est fait tirer les oreilles [rires]. Si mes souvenirs sont bons, elle avait travaillé sur le projet de raccordement de la France sur le réseau Internet. C’était un cours très intéressant.

Tu n’as pas gardé les deux pieds dans le même sabot. Peux-tu nous raconter tes premières années professionnelles au sortir de la MIAGE ? 

J’ai fait mon stage de fin d’études à la Société Générale, à Paris, sur un projet de rapatriement d’information émanant d’internet pour les salles de marché. C’était le tout début des « crawlers », qui étaient des programmes qui permettaient de parcourir des pages internet et autres sources de données, pour remonter de l’information aux économistes de la salle de marché.

Ensuite, je suis allé à New-York pendant deux ans, toujours au sein de la SG. J’ai travaillé la première année en tant qu’analyste business avec un chef de projet sur la fusion des systèmes IT lors de la fusion de la SG NY avec Cowen, un market maker. La deuxième année, j’ai travaillé sur la mise en place d’un nouvel outil Back Office de crédit documentaire, pour l’activité de financement de commerce international. Le site New-York était pilote, ce qui implique appel d’offres, dépouillement, short-listing et mise en place de la solution.

Ton expérience aux US a-t-il été un booster de carrière ?

Oui, tout à fait. Le dernier projet [outil pilote pour la gestion des lettres de crédit] a été un tel succès, que l’on m’a rappelé à Paris pour intégrer le même outil, avec l’aspect supplémentaire du relationnel avec les US, dont j’étais l’interlocuteur privilégié – notamment avec le site pilote à New-York et l’éditeur de la solution à San Francisco –. L’outil, par la suite, a été déployé sur d’autres sites étrangers de la SG : Canada, Asie, Australie. Quant à moi, j’étais en charge des évolutions technologiques de la solution, en relation étroite avec l’éditeur.

Pour raison personnelle, j’ai ensuite quitté la Société Générale pour Bordeaux. Je suis rentré dans le secteur des télécoms, toujours dans l’IT, mais pour la Direction Administrative et Financière.

Ton diplôme de la MIAGE a-t-il catalysé ton parcours professionnel comme tu l’espérais ?

MIAGE bien-sûr et la formule MIAGE + DECF encore plus. La MIAGE est déjà une double compétence et le côté gestion d’entreprise a été renforcé par le diplôme comptable et financier. Cela m’a rendu crédible et efficace, que ce soit à New-York, à Paris, à Bordeaux dans les télécoms, ou au sein d’Engie aujourd’hui.

Je garde un gros background financier, mais l’informatique – qui est mon réel centre d’intérêt – appris à la MIAGE m’a permis de surfer entre les projets et de me retrouver aujourd’hui manager dans une direction informatique. Entre informatique et finance, je me suis toujours assuré de faire les deux. Je ne suis pas un informaticien pur, ni un financier pur. Là où je suis le meilleur, ça reste au croisement des deux.

Tu n’as jamais eu de mal à trouver des postes à cette « frontière » des deux mondes ?

Non. La finance, au sens large, toutes les entreprises en ont besoin. Et aujourd’hui, quelque soit sa forme, elle est informatisée ou à informatiser. Donc, je n’ai jamais eu de soucis pour trouver.

L’aventure de l’entrepreneuriat t’a-t-il déjà effleuré l’esprit ?

Devenir freelance dans cette activité là, non. C’est un domaine qui me paraît compliqué à mettre en œuvre comme freelance. Cependant, j’y réfléchis comme une éventualité, mais ce serait à la faveur d’une évolution de carrière. Il faudrait que je sorte de ce que je fais aujourd’hui, vers des activités de gestion de projet pur, coaching en management, ou alors, à 360°, ouvrir un magasin de golf. Mais pour l’instant, dans le métier que je fais aujourd’hui, qui englobe plusieurs activités : non.

Le milieu banque/finance, est-il toujours aussi attractif, selon toi, tant sur le plan de la rémunération, que celui des challenges et opportunités professionnelles proposées ?

Oui, ce serait hypocrite de dire que le milieu n’est pas attractif, ne serait ce que vis-à-vis de la rémunération. C’est un domaine qui paye bien ! Ensuite, au niveau des challenges et opportunités, je ne le trouve pas plus attractif qu’un autre. Moi, je ne me sens pas enchaîné à ce milieu. Je suis passé par le trading, le back-office bancaire, les télécoms, aujourd’hui en direction informatique, je n’ai pas eu de problèmes de sauter de l’un à l’autre. L’environnement change, mais le métier reste similaire.

Dans un sens plus large, tu travailles au quotidien avec deux miagistes dans ton service, tu en connais ou en a rencontré sûrement d’autres dans ta carrière. Penses-tu que nous avons toujours une valeur professionnelle ajoutée, comparé à d’autres formations (techniciens purs, écoles d’ingénieur, école de management, etc… ) ?

Je n’ai peut-être pas assez de recul pour juger tous les miagistes, mais de ce que je connais et ce que j’ai pu voir par ailleurs (les ingénieurs « lambdas ») : oui. Déjà, ce sont généralement des têtes bien faites, ce qui est sûrement vrai pour d’autres formations aussi. Mais également, je retrouve une ouverture d’esprit qui est intéressante.

Et il y a aussi le côté « pragmatique », c’est-a-dire que les gens qui sortent de MIAGE ont souvent des réflexes plus proches du milieu du travail que ne peuvent l’avoir des gens issus d’autres formations d’ingénieurs pures et dures. J’ai souvent trouvé les miagistes mieux équipés dans la manière de mettre des projets en place, dans la vision d’entreprise et dans la manière de s’adapter aux nouveaux environnements.

A mon sens, la MIAGE est une formation qui reste généraliste. On découvre pleins de domaines, ce qui permet d’ouvrir les perspectives et de permettre aux gens d’être plus proches du métier de l’entreprise le jour J.

Au regard du bilan de ta carrière, quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes diplômés de la MIAGE de Bordeaux ?

Déjà, je pense que la première des choses à faire, c’est bouger. Faut vraiment pas avoir peur de ça. Selon moi, aller à l’étranger, c’est l’idéal. Que ce soit un pays anglo-saxon, un pays asiatique… le but est de rencontrer des cultures très différentes, autant au quotidien que dans la façon de travailler et d’appréhender les problèmes et les solutions. Voyager c’est important je pense et maintenant [pour les nouveaux ou futurs diplômés], parce que plus tard, c’est rapidement trop tard. Cela vaut d’autant plus pour les allergiques à Paris : essayez d’acquérir ailleurs des compétences originales que vous pourriez revendre à votre retour.

Ensuite, gardez votre ouverture d’esprit. La MIAGE, ce n’est ni du génie logiciel ou ni de la gestion pure. Ne vous spécialisez pas trop ou pas trop vite ; ce n’est pas l’esprit de la formation.

Par ailleurs, mettez en œuvre vos compétences le plus rapidement possible, car les premières années comptent double. Maîtrisez ces premiers choix, car les spécialités que vous allez prendre dès le début risque de vous suivre très longtemps. Les premiers choix impactent fortement une orientation de carrière. Pour la suite de vos parcours professionnels, ne vous imposez aucune barrière, tentez des choses. Nous avons la chance d’avoir une formation qui peut justifier des changements de métier, parfois importants.

En résumé : Dépaysez-vous, choisissez vite, mais choisissez bien et n’oubliez pas de changer en cours de carrière en gardant l’esprit ouvert.

Merci Xavier pour ton témoignage d’un parcours que l’on peut qualifier d’audacieux et décomplexé. N’hésites pas, après ce premier pas, à te tenir au courant des news du réseau des anciens de la MIAGE et pourquoi pas nous rejoindre à l’occasion des événements organisés si tu passes dans le coin.