Parcours d’anciens #11 : Un Miagiste qui n’a pas froid aux doigts!

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Bonjour à tous,

Dans ce parcours  n°11 de la rentrée, c’est Thomas Bardin de la promotion 2011, actuellement Data Scientist à Montréal qui nous parle de son expatriation au pays tant convoité, le Canada ! C’est parti !

Thomas Bardin

1° Bonjour Thomas, peux-tu te présenter et décrire ton poste actuel ?

Bonjour, je suis de la promotion 2011 de la MIAGE de Bordeaux. J’habite actuellement à Montréal où j’occupe depuis quelques mois le poste de data scientist d’une PME d’ingénierie qui s’appelle R2 (tout simplement)L’entreprise est positionnée sur un marché de niche qu’elle est la seule à occuper dans le monde : elle propose un logiciel de monitoring des réactions électrochimiques relatives au chlore. (On ne peut plus atypique.)

Ses clients sont répartis dans chaque région du monde. Mon rôle est de développer des algorithmes de machine learning afin d’optimiser la consommation d’énergie des usines clientes, de prédire les dysfonctionnements futurs de leur matériel, ou d’anticiper des possibles incidents. C’est un poste où les tâches, très variées, alternent entre exploration (tests d’hypothèses, analyse de données, recherche de modèles statistiques) et exploitation (transposition de ces modèles statistiques en algorithmes et intégration à la solution vendue par l’entreprise). On est ici dans une Business Intelligence (ou Intelligence d’affaire en québécois) plutôt opérationnelle, en tous cas pas mal éloignée de ce qui se fait plus communément en entreprise (reporting, calculs de KPIs, etc…).

2° Très pointu! Peux-tu nous expliquer ton parcours d’étudiant miagiste ?

J’ai commencé par une L2 en Informatique à Bordeaux 1. Cherchant à voir des choses plus pratiques et concrètes, je me suis orienté vers la MIAGE. J’ai ensuite eu la chance de suivre le Master 1 en échange au Québec, à l’université de Sherbrooke. Ayant vu qu’il y existait une MSc en gestion spécialisée en BI (MSc = maîtrise nord-américain de niveau équivalent à un Master spécialisé en France), j’ai pris la décision d’aller la suivre une fois mon Master MIAGE en poche. A l’époque, j’étais moyennement motivé à l’idée de devoir travailler dans une SSII (principale source d’embauche en Informatique), donc çela m’a plus facilement amené à franchir le pas.

3° Selon toi, ton profil MIAGE était plus gestion ou informatique ?

Ayant entamé la MIAGE avec une L2 Informatique en poche, j’avais comme beaucoup de Miagistes un profil de développeur à l’issue du Master 2. Néanmois, la formation en BI que j’ai suivie à Montreal était dispensée dans une faculté de gestion où l’on traite donc ce sujet à travers un prisme plus « métier ». Au final, je pense que je me retrouve avec un profil ambidextre :).

Thomas Bardin  4° Pourquoi avoir décidé de t’orienter vers ton poste actuel et d’être parti au Canada ?

A l’issue de la MIAGE, je voulais m’orienter vers un poste orienté vers l’analyste de données. Mais n’ayant pas un stage ou d’expérience conséquente sur mon CV, j’ai réalisé que suivre une formation entièrement dédiée à cela ne me ferait pas de mal. Mon poste actuel me permet de mettre en application mes connaissances en programmation (période MIAGE/DEUG) avec celles en gestion et analyse des données, donc « tout bénèf' ».

Aujourd’hui, on utilise pour ce genre de poste le mot buzz « data scientist ». J’ai vu qu’en France aussi, de plus en plus de postes de ce type sont postés depuis quelques mois.

5° Parles nous de ton intégration là-bas. Comment s’est passé l’acclimatation au Quebec… amis, sortie, climat extrême, culture..

Comme il a souvent été dit, les québécois sont très accueillant et abordables. Les gens sont quand même relativement ouverts aux autres cultures, mais gare aux excès de « nous, en France, … », les français ici on une image un peu nombriliste !

Même s’il est rapide de sympathiser avec quelqu’un, il reste un monde avant de devenir « pote pour la vie ». Cela se voit au travail, où il faut attendre longtemps avant d’envisager de boire un apéro avec ses collègues. Parlant de sorties, ici il est plus de coutume d’aller dans des bars plutôt que chez les gens. Depuis quelques années, les microbrasseries sont à la mode et il existe ici maintenant pas mal de bières bien réputées 🙂

Niveau climat, il n’y a pas vraiment de demi-mesure. Il fait très froid pendant 4-5 mois, très chaud pendant 4 mois, et le reste du temps c’est mitigé. Si on est bien équipé (manteaux et bottes d’hiver de rigueur), l’hiver passe doucement. Les gens ici ont l’habitude de couper celui-ci en partant 1 ou 2 semaine dans les Caraïbes entre janvier et mars. On a suivi la même stratégie en partant à Cancun l’an dernier et Hawaï cette année. Les deux derniers hivers ayant été pas mal rigoureux, ça ne nous a pas fait pas de mal !

6° Penses-tu que ton diplôme MIAGE a été un bel avantage pour obtenir ce poste?

Un avantage certain oui! Je dois toucher à pas mal de langages (Python, JavaScript, …) et aux bases de données, donc les bonnes bases que nous donne la MIAGE en programmation (objet/web) et Administration de données sont loin d’être inutiles !

7° Quel est ton salaire d’embauche : estimation à tes débuts et ton salaire actuel ?

Le salaire de mon premier emploi ici, était équivalent à un salaire de départ en région parisienne avec tout de même un coût du logement bien moindre. Le loyer représente environ un cinquième de mon salaire! A Paris cela aurait été au mieux un tiers. On en ressort avec un pouvoir d’achat bien plus confortable. En changeant d’entreprise et de poste (en passant de développeur R&D à data scientist; ndlr), j’ai pu obtenir une bonne augmentation. Je gagne aujourd’hui autour de 75K$CAN (soit  50K€). Dès que l’on arrive à avoir un peu expérience dans un secteur en plein boom, il n’est pas rare d’avoir des écarts de rémunération aussi importants !

8° En effet, bien loin des salaires Francais pour un profil équivalent. As-tu des perspectives d’évolution futures dans ta société? Au Canada?Thomas Bardin

Pour l’instant mon poste et ma vie ici me plaisent quand même bien. Je ne pense quand même pas rester ici, toute ma vie. En effet, même si la qualité de vie est globalement très bonne ici et même si les médias français ont tendance à faire un portrait idyllique du Canada, il existe plusieurs ombres au tableau : moins de congés payés (seulement 2 semaines par an lorsque vous commencez, 3 si vous êtes chanceux), un système de santé cher et surtout, pas de plages à proximité l’été (mis à part les lacs).

Du côté de ma société, étant donné qu’il s’agit d’une petite entreprise et que nous sommes que 2 dans le service « data science » (le directeur R&D et moi même), les opportunités d’évolutions sont à mettre au placard!

9° Peux-tu nous parler de tes projets personnels à venir ? Je crois que tu es devenu entrepreneur non?

En effet, j’ai récemment fondé une boîte de consulting en BI du nom de Curvize avec 3 amis. On travaille actuellement avec plusieurs clients afin de leur développer un outil d’analyse des données des médias sociaux (analyse de sentiments, viralité, etc…) permettant de comprendre comment la population perçoit leurs produits ou services. On est aussi en train de prospecter sur d’autres domaines (la santé notamment). On espère un jour pouvoir avoir assez de clients afin de travailler là-dessus à temps plein.

10° Quelques conseils d’orientation donnerais-tu aux jeunes diplômés à propos de ton expérience ? Pourquoi oser aller étudier ou travailler au Canada?  Pourquoi partir tout court ?

Pour faire un lien avec la question précédente, vivre à l’étranger et côtoyer des gens ou des services qui vous ont été jusqu’à alors inconnus vous donneront peut-être l’idée en or qui vous permettra de lancer votre boîte (cela rejoint un peu l’idée du manifeste « barrez-vous »). Le fait de s’intégrer à une autre culture permet aussi d’avoir un regard plus critique sur le système français (services de santé, vacances…) et ouvre l’esprit!

De plus, oser le Canada peut valoir son pesant de cacahuètes car dans les prochaines années, ils prévoient ici une pénurie de candidats dans certains domaines IT.

Montréal quant à elle, est une ville qui est souvent classée dans le top mondial pour ce qui est des activités estivales ! (Festivals à gogo et gratuit tout l’été)

Cependant, pour ce qui est de la reconnaissance du diplôme, en règle générale il est plus difficile de trouver un emploi lorsque l’on n’a pas de diplôme nord-américain. Mais, le domaine de l’IT n’est pas trop impacté par cela (surtout lorsque l’on a déjà acquis un peu d’expérience).

Merci Thomas d’avoir répondu à ces questions ! Profite bien de la fin de l’été car cet hiver s’annonce parait-il plus rude que le précédent. Bonne chance pour la suite en particulier pour le développement de Curvize et à très bientôt au bord du St Laurent ou de la Garonne qui sait !

Merci à vous, j’espère que mon parcours bousculera pas mal de Miagiste! Et bien évidement je passe le bonjour à ma chère sœur, qui passe en Master 2 MIAGE cette année !

Pour les diplômés souhaitant vivre l’aventure Canadienne, n’hésitez pas à consulter le site de Expérience Internationale Canada. Les choix sont assez variés et pour tous les goûts : VIE, PVT, Jeune pro, Stage COOP etc…