Parcours d’anciens #10 : Un Miagiste au pays des kangourous !

with Pas de commentaire

Bonjour à tous,

En 2012, 27 % des jeunes diplômés français ont tenté l’aventure à l’étranger… soit 40 % de plus qu’en 2005. Est-ce vraiment une bonne affaire pour sa carrière ? Quel pays est-il a privilégié ?

Dans cette édition, c’est Jérémie Leca de la promotion 2011, actuellement ingénieur produit à Sydney qui nous parle de son expatriation en Australie.

Jérémie Leca

 1° Bonjour Jérémie, peux-tu te présenter et décrire ton poste actuel ?

Depuis 2 ans, je travaille pour une agence de BI innovante basée à Sydney leader dans son domaine. Notre devise est “Smart data driven marketing” : prendre des décisions basées sur de l’analyse de données. Nous recommandons par exemple, le montant à investir dans chaque canal marketing afin d’optimiser le retour sur investissement. (ROI pour les puristes)

Notre produit le plus avancé est le « SuperTag », leader Australien du management de la collecte de données sur site internet (et bientôt sur les applications mobiles). Pour faire simple et technique : c’est une application web qui génère du javascript distribué au plus près des internautes.

L’agence ressemble beaucoup à une startup et je suis responsable de l’équipe produit c’est-à-dire comment convertir un savoir-faire interne en un outil utilisable par quelqu’un d’extérieur. 

Concrètement, mon rôle actuellement est de :
Définir les fonctionnalités qui vont permettre d’optimiser la productivité de l’agence.
– Innover et surveiller ce qui se passe chez les concurrents.
– Développer et maintenir nos logiciels : pour cela, j’ai embauché 3 développeu
rs indépendants en Europe de l’Est, 2 en Grèce et 1 salarié à Sydney !

2° Pour toi, ton profil MIAGE était plus gestion ou informatique ? Peux-tu nous parler de ton cursus avant-MIAGE ? Et après la MIAGE ?

J’ai plus de talent en informatique, mais  j’affectionne beaucoup l’organisation des grosses entreprises, la finance de marché et le marketing digital.
J’ai commencé ma carrière dans le Web en 2004 en lançant des jeux en ligne, notamment BebeVallee.com. (à la mode à l’époque, avant l’arrivée en masse de Facebook…)

Après mon Bac S, j’ai poursuivi un BTS Informatique de Gestion pour apprendre les rudiments de la gestion d’entreprise.
Par la suite, j’ai été séduit par la MIAGE qui propose un mix Gestion/Informatique détonnant ! J’ai effectué mon M2 en alternance dans une SSII, chez OnePoint et obtenu un CDI juste après mon diplôme en 2011.
Mais, peu de temps après, j’ai décidé de tout quitter pour partir tenter ma chance en Australie. Après huit semaines de cours d’anglais, j’ai eu un premier poste dans l’informatique, par une agence de recrutement qui m’a contacté.

3 Pourquoi avoir décidé de t’orienter vers ton poste actuel ? Quel a été l’élément déclencheur ?

L’élément déclencheur a été cet appel d’une agence de recrutement à Sydney qui était à la recherche d’un profil qualifié et expérimenté pour travailler dans le développement et la gestion de services internet.

Mais ce qui m’a décidé c’était les responsabilités proposées incluant du management, le salaire, la liberté horaire, la liberté de créativité et le fait de travailler pour des grandes entreprises mais dans une petite structure.

Cependant, le côté technique et le fait que je sois dans une petite équipe étaient les seuls points négatifs à ce poste.

Jérémie Leca4° Pourquoi être parti en Australie après ton diplôme ? Pourquoi ce pays plutôt que le Canada comme autre destination phare ?

Après mes études, j’ai voulu partir dans un pays anglophone pour apprendre l’anglais de tous les jours.
Je voulais aussi voir comment on vit ailleurs dans le monde, découvrir un pays attractif, où l’économie est en bien meilleure santé qu’en Europe.
Je visais les États-Unis au départ, mais le Visa Vacances-Travail est plus facile à obtenir en Australie et au Canada. J’ai finalement choisi le pays me permettant de changer d’hémisphère.

5° Cite-nous 3 choses que tu apprécies le plus en Australie et/ou qui te feraient rester là-bas.

 1. Le cadre de vie : Sydney est une grande ville dynamique avec des gratte-ciels et a pourtant plus de 100 plages et des centaines de kilomètres de randonnées à faire. Le climat est ensoleillé, l’hiver court, 8° au minimum ! Le reste de l’Australie est grand comme 14 fois la France et est tout aussi magnifique.
2. La société : multiculturelle, sportive et libérée. Peu de délinquance, par exemple, les filles osent sorties plutôt dévêtues car personne ne vient les embêter.
3. Le marché du travail : la croissance est de 3 %, une grande flexibilité pour embaucher, une facilité pour entreprendre, des salaires élevés et des taxes assez basses.
3′ La proximité sur l’Asie et la présence des géants de l’internet à Sydney (Google, Yahoo, Amazon…) sont des détails non négligeables !

6° Et cite-nous 3 choses qui te manques ou que tu n’aimes pas dans le pays des kangourous.

1. Être un expatrié : Après 2 ans, je ne me sens toujours pas vraiment chez moi. Je n’ai pas de vrais potes australiens, plutôt des amis eux aussi expatriés.
2. Loin de tout : L’Australie c’est beau, c’est à plus de 20h de vol de l’Europe et 16 des Etats-Unis ! Peu d’amis et de membres de la famille peuvent se permettre de venir souvent.
3. Et surtout le pain n’est pas très bon !

7° Penses-tu que ton diplôme MIAGE a été un bel avantage pour obtenir un tel poste ?

Le Master MIAGE est l’équivalent d’un Master “Business Computing” en Australie. Ici, l’université n’est pas gratuite, peu d’australiens peuvent se permettre de s’offrir 5 ans d’études et quand ils le font, ils ont un crédit de $50,000 au moins sur le dos !

Même, si je travaille dans une petite structure, savoir comment fonctionne une grande organisation est un gros plus, car la plupart de nos clients sont de grosses entreprises et avoir un Master en “Information Technologies” aide beaucoup quand il s’agit d’obtenir un visa de travail supérieur à un an.

8° Quel est ton salaire d’embauche : estimation à tes débuts et ton salaire actuel ?

Jérémie LecaSydney est l’une des villes les plus chères du monde, une chambre en colocation c’est $1500 par mois, un café $3,50 rien à voir donc avec la France. Heureusement, les salaires suivent, j’ai été embauché à mon poste actuel à $100,000 par an. Les taxes sont moindres, comptant seulement 32 % incluant impôts et retraite prélevés à la source.

Lorsque j’ai commencé en août 2012 l’Australian Dollar était à son plus haut (1 $ = 0.85 €), la conversion était plutôt flatteuse et mon salaire net mensuel de 5240 €, depuis le Dollar a perdu plus de 20 % de sa valeur comparée à l’Euro.

Noter que les années d’expérience y sont pour beaucoup, j’ai par exemple embauché, un “Junior Software Engineer” pour $50,000 par an.

9° As-tu des perspectives d’évolution futures dans ta société ?

Nous nous sommes récemment fait partiellement racheter par un groupe de BI australien et mon équipe à vue son budget augmenté. Je peux donc déléguer plus de développement et me consacrer davantage au management et à l’innovation. Mon boss m’a aussi proposé une formation pour devenir chef de produit plus officiellement.

10° Peux-tu nous parler de tes projets personnels à venir ? Est-ce que tu comptes toujours y rester maintenant que tu es bien installé ?

La vie ici est incroyable et les occasions de travail ne manquent pas. J’étais parti pour un an de “Working Holliday”, et cela fait maintenant plus de 2 ans que je vis à 17 000 km de la France !

Pourtant… les baguettes chaudes et le fromage me manquent ! Plus sérieusement, je pense qu’émigrer si loin pour plus longtemps requière plus de volonté et de préparation. Je profite d’ailleurs de cet article pour annoncer à mes anciens camarades miagistes, mon grand retour définitif en juillet prochain sur Bordeaux !

11° Quelques conseils d’orientation donnerais-tu aux jeunes diplômés à propos de ton expérience ? Pourquoi oser l’Australie ? Pourquoi partir tout court ?

Comme vous l’avez compris même si je souhaite revenir, je ne regrette pas d’être parti. J’ai appris énormément, rencontré plein de gens de tous horizons, j’ai désormais une vision différente du monde et de mon propre pays.

Il faut donc oser, surtout quand on est jeune. Mais, voici quelques conseils :
– Se fixer des buts et s’en donner les moyens : exemple, parler la langue sans problème, cela passe par se forcer à ne pas rester entre français !
– Prendre son mal en patience surtout lorsque l’on cherche un poste. Être étranger “de passage” n’aide pas.
– Une fois partie, ne pas trop regarder en arrière : beaucoup de gens et choses m’ont manqué. Parvenir à ses fins, c’est souvent faire des sacrifices.
– Et valoriser ses expériences précédentes et ses diplômes. Les deux aident aussi beaucoup pour trouver un poste que pour obtenir un visa.

Merci Jérémie d’avoir répondu à ces questions, pas évident avec le décalage horaire  important ! Profite bien de tes derniers moments en Australie et à très bientôt au bord de la Garonne !

No worries mate, see ya soon !